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La
forteresse de la " Bâtie de Vercors" avait
pour vocation de protéger le centre du "
Pagus Vertacomicorius" et de contrôler le
passage entre Rousset et la partie Sud-Ouest du
Massif. Elle était aussi la résidence
du seigneur, vassal de l'évêque de
Die. Ce dernier, seigneur-souverain de Vercors
étant lui-même soumis à la
suzeraineté du Dauphin. Une administration
fort complexe qui se compliquera encore quand le
Pape Grégoire X décidera, en 1275, de
l'union des évêchés de Die et
de Valence. Au début du 14ème
siècle, les contraintes du régime
féodal se relâchant et la
centralisation du pouvoir entre les mains du Roi
rendant plus sûre la vie dans les campagnes,
les fortifications devinrent moins
nécessaires à la securité des
personnes et des biens. En conséquence, les
habitants du vieux et haut village de la " Belle
Bâtie" préférèrent des
maisons plus faciles d'accès. Ainsi,
progressivement, une agglomération se
développa autour d'une chapelle construite
à 900 pas au couchant du " Rocher".
Après quelques décennies, cette
chapelle donna finalement son nom à
l'agglomération et devint le centre
paroissial et l'église paroissiale du bourg
transplanté. La
forteresse de la " Bâtie de Vercors" sera
détruite au 16ème siècle
pendant les "Guerres de Religion", guerres
particulièrement cruelles qui mirent
à feu et à sang le royaume de France
pendant près de quarante années.
C'est de Gordes, lieutenant du Roi en
Dauphiné, chef des catholiques qui ordonna
la destruction du château afin d'ôter
à ses adversaires, les protestants,
Lesdiguières et Montbrun, l'envie de
reprendre le Vercors avec leurs troupes
"d'hérétiques".
Refuge pour ceux qui, en 1940, ont entendu " l'Appel du 18 Juin " lancé depuis Londres par le Général de Gaulle, La Chapelle est emportée dans la tourmente de la lutte clandestine, dès Janvier 1943. Comme dans tous les points stratégiques, de la " Citadelle Naturelle du Vercors " la Résistance s'organise. Les "Combattants de l'Ombre" maquisards venus d'ailleurs et Chapelains exécutent les ordres du " P!an Montagnards", en liaison radio avec Londres et Alger. Pour La Chapelle, l'année terrible sera 1944. C'est d'abord, en Avril, une incursion de la Milice; puis 3 mois après commencera la lente agonie d'un village traqué de toutes parts. A partir du 12 Juillet, le territoire est bombardé et mitraillé sans relâche par les avions de la Luftwaffe basés sur l'aérodrome de Valence-Chabeuil. Bombes explosives et bombes incendiaires détruisent environ le quart des maisons. Les habitants terrorisés se cachent dans la forêt. Le 25 Juillet, venant de Vassieux où ils avaient été aéroportés, des éléments de choc de la Waffen SS arrivent à La Chapelle qui va vivre des heures hallucinantes. La journée de traque est suivie d'une longue, très longue nuit pour la partie de la population enfermée dans le bâtiment de l'école étroitement gardé par les combattants nazis. Nuit d'apocalypse qui s'écoule lentement à la lueur des flammes jaillissant de l'immense brasier du village incendié. Nuit rythmée par le crépitement lancinant d'un mitraillage répétitif...
Dans un premier temps, réfugiés dans des abris de fortune, les sinistrés logeront ensuite pendant six années dans des baraquements, où l'eau gèle dans les cruches et où les meubles octroyés par le Secours National, doivent être protégés par des toiles imperméables dans la mesure où le papier goudronné qui recouvre les toitures résiste mal aux intempéries.
Alors que de nombreuses portes se sont fermées dans le village, de nouvelles habitations (résidences principales et résidences secondaires) se sont implantées dans les lotissements des " Gentianes ", des " Myosotis ", du " Château ", des " Alisiers ", des " Arbussiers". Le collège s'est installé dans de nouveaux locaux en 1969, et un projet d'établissement lui a donné la spécificité "Sport-Nature" en 1982. Depuis 3 ans, ses locaux sont en réfection et 1996 a vu la restructuration de son CDI en médiathèque cantonale dotée de moyens de communication "high-tech". La Commune qui compte actuellement 766 habitants fait partie, depuis 1970 du Parc Naturel Régional du Vercors qui regroupe une soixantaine de communes du massif du Vercors. Administrativement, La Chapelle est membre de la Communauté des Communes du Vercors.
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